Random Earjoy

Non, on ne va pas bien

Aujourd’hui, 22 mars 2016, je suis triste.

Aujourd’hui, je suis triste de constater ce que nous sommes devenus. Le libéralisme a voulu pousser l’individu à son maximum. Il a fini par créer des machines qui se comparent, se jaugent, se jugent entre elles. Ces machines oublient leurs faiblesses d’humains, leurs faiblesses d’animaux. On oublie de se montrer tels que l’on est et on se montre tels que l’on voudrait être. Pas seulement sur les réseaux sociaux, mais également dans la vraie vie. On compare nos vêtements, nos voitures, nos choses. Nos attitudes sont froides, renfermées la plupart du temps sur nous-mêmes… oh, que dis-je… sur nos smartphones. Nous avons perdus nos sourires. La joie d’être ensemble. Et pas la joie d’être ensemble pour immortaliser le moment par un selfie, la joie d’être ensemble parce que la chaleur humaine nous fait du bien, parce que nous sommes faibles finalement, et que le groupe nous rassure.

Aujourd’hui, je suis triste parce qu’il me semble que nous avons oublié qui nous sommes. Et les événements tragiques qui secouent notre société aujourd’hui ont sans doute aussi le rôle de nous rappeler à notre Humanité. Notre Humanité a aussi parfois des côtés négatifs, faibles, tristes. Nous ne sommes pas des sourires Facebook et nous ne réussissons pas tous notre vie sociale ou professionnelle.  Nous ne sommes pas faits pour gagner mais pour vivre. Et vivre implique des hauts et des bas. Par la mortalité, ces événements nous rappellent que nous sommes liés avant tout par notre espèce et qu’il nous faut aujourd’hui être solidaire et arrêter de se voiler la face mais plutôt faire face à la facette la plus sombre de l’Humanité: celle qui veut la mort et la terreur. Elle existe, mais elle est évitable.

Aujourd’hui, je suis triste de voir dans le tram des visages braqués sur des téléphones. On se tient au courant des nouvelles du monde. C’est beau. Mais c’est triste. On devrait se parler et se sourire, se serrer dans les bras.

Aujourd’hui, je suis triste parce que c’est mon pays qui a été touché, ma ville aussi. Ma belle Bruxelles, la ville qui me manque parfois. C’est surtout ses habitants qui ont été touchés. Ces belges pleins d’insouciance, de naïveté et d’ouverture. Et c’est ce qu’ils voulaient, que je sois triste.

Mais le pays n’a pas d’importance. Aujourd’hui, je suis triste parce que j’ai peur que tout cela ne change rien. J’ai peur que l’on continue de se venter d’avoir attrapé un terroriste quelconque alors qu’on devrait plutôt la fermer et travailler pour la Paix et non la division, on devrait s’excuser, se parler, discuter, écouter.

Et je sais que tout arrive pour une raison. Et je suis triste aujourd’hui parce qu’on oublie cela. On oublie que nous sommes tous liés par la Terre. On oublie le lien sublime qui nous rassemble humains, animaux et plantes. On oublie que la raison pour laquelle ils tuent est un manque cruel de sens. Ils se focalisent sur quelque chose de futile. On oublie qu’il y a un sens et que ce sens c’est CE lien, profondément ancré en nous TOUS et que cette société nous fait oublier parce qu’il est plus rentable que l’on se considère comme des individus que comme un groupe.

Et c’est ça qui me rend triste. C’est l’Humanité que l’on perd. La retrouvera-t-on jamais ? Sommes-nous déjà allés trop loin ? Ne nous aimons-nous plus les uns les autres ? Où est l’amour pour ce et ceux qui nous entoure(nt) ?

 

 

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Hier, j’ai découvert Alain Badiou…

… et j’admire le travail de Mouloud Achour.

 

Bilan culturel février 2016

Ce mois de février fut court et rempli de bonnes choses, même si culturellement j’ai souvent frôlé l’indifférence. Voyez plutôt.

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Lives of Girls and Women livre d’Alice Munro… Les idées sont bonnes mais j’ai parfois vraiment du mal à saisir la beauté de la forme. Ca ne me touche pas, mais j’aurai essayé. 5/10

Mercury Falling , album de Sting qui ne m’a pas fascinée non plus. Il demande plusieurs écoutes je pense. C’est un album de voiture… ou de salon. 6/10

Jusqu’au bout du Monde, film de Wim Wenders. Grosse grosse claque esthétique. Le film m’a également surprise sur la forme (trois longs métrages  qui, tous ensemble, forment un tout de plus de 4 heures). J’ai découvert une actrice sublime, j’ai nommé Solveig Dommartin, et sans doute un grand réalisateur dont je n’avais pas encore entendu parler. Oh, et la bande originale ! 7/10

Youth, film de Paolo Sorrentino. Esthétiquement, rien à redire. Sur le fond, le message est beau et triste : que faire avec les années qui passent ? Qui sommes-nous ? Qui avons-nous été ? Le message me parle même s’il me manque encore quelque chose pour tout comprendre. À revoir. 7/10

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Debout les morts, livre de Fred Vargas. Au début j’ai pensé que ça allait tout changer, que son humour allait me réconcilier avec les romans policiers pas très bien écrits. Et en fait… non. L’enquête ne m’a rien apportée à part un peu de divertissement. 6/10

Compliance, film de Craig Zobel. Franchement, on le voit venir. Les acteurs ne sont pas mauvais bien que les personnages soient très c***. On a aussi vu pire photographie. 6/10

Un homme idéal, film de Yann Gozlan. Là par contre, tu ne le vois pas venir ! Quelle claque ce film ! Moi qui pensais regarder l’histoire d’un faux écrivain beau gosse qui se fait rattraper par son secret… J’en ai eu pour mon argent. Très stressant. Malheureusement, rien n’a véritablement retenu mon attention à part cette angoisse incessante. 6/10

Wild man blues, documentaire de Barbara Kopple. Pour ceux qui n’étaient pas encore au courant, Woody Allen est aussi clarinetiste de jazz. Ce documentaire retrace une tournée de Monsieur Allen où on le voit sur seine, dans les chambres d’hôtel avec sa femme, chez ses parents… Voilà, c’est tout. Je n’ai pas aimé découvrir cette facette d’Allen, parce que je n’en avais rien à faire. 5/10

Get a Grip, album d’Aerosmith. À côté des quelques classiques, cet album est trop emprunt de testostérones à mon goût. Cet homme chante fort, et ces guitares aussi. Parfois, une belle harmonie résonne. 6/10

À part tout ce  bouillon culturel assez tiède, j’ai aussi assisté pour la première fois de ma vie à un spectacle de danse contemporaine bercé par la douce déclamation du texte Wachten op de Barbaren (oui, c’est en néerlandais. Traduction : En attendant les barbares). Malgré la barrière linguistique et mon manque de compréhension de l’histoire sur certains points le spectacle était un vrai bijou d’amour. Trois danseuses magnifiques, un acteur sombre et beau. Une musique nuancée et sinueuse. Un décors surprenant. Et une chorégraphie impensable. 9/10

Pourquoi vivre ? #cafephilo

Pourquoi vivre ? La réponse que je donnerais à cette question aujourd’hui: vivre pour ressentir au plus possible les choses qu’il nous est donné de ressentir. Vivre pour être conscient de tout ce qu’il se passe sans en savoir les raisons. Vivre pour remercier la vie de nous avoir donné cette opportunité.

Kant voulait que l’on vive pour améliorer l’humanité. C’est vrai, même si je suis pessimiste à ce niveau là, quand j’efface mes pensées noires je veux croire en l’Humain « durable » et meilleur. Vivre dans l’Espoir.

Vivre pour être Libre. Sartre. Être libre pour vivre. Être libre de vivre. Ressentir les choses, être humain, remercier l’Aléatoire.

On n’a pas demandé à vivre mais on est là… parfois le sens manque cruellement, souvent même… Mais dans vivre il y a ivre alors enivrons-nous de sensations et trouvons le sens par et dans les sens.

Bilan culturel de Janvier 2016

Ce mois-ci aura vu naître 2016 avec un regain d’espoir et peu de crainte tout de même. Ce mois-ci aura été un nouveau départ. Un meilleur départ.

J’ai découvert Her (2014), film de Spike Jonze qui nous a chamboulés, moi et mon top 5. Un film qui m’a fait haleter, espérer, réfléchir. D’une esthétique sans doute irréprochable. Avec Joaquin Phoenix plus beau que jamais. 9/10

Ensuite, nettement moins transcendant, j’ai découvert The Girl in the Book (2015) de Marya Cohn. J’ai essentiellement regardé pour l’actrice principale (Emily VanCamp) que j’enviais à l’époque d’Everwood. 6/10

Je m’attendais à mieux de Dope (2015), film de Rick Famuyiwa, qui tombe un peu dans le cliché parfois alors qu’on le voudrait plus profond. Mais, à nouveau, film hyper-esthétique qui met en scène des personnages attachants. 7/10

J’ai également lu un livre : Runaway (2008) d’Alice Munro. Recueil de nouvelles intéressantes mais j’ai n’ai pas saisi le fond… Un peu décevant pour un prix Nobel selon moi, mais j’ai peur que mon avis soit dû à la barrière de la langue. 6/10

Et puis… je revis ! Avec 2 Automnes 3 Hivers (2013) de Sébastien Betbeder. Une bouffée d’air frais, d’humour absurde et léger, de sentiments réels, profonds et saugrenus. Grosse grosse surprise. Découverte de Vincent Macaigne9/10

Ensuite, je me suis fait un petit marathon Ryan Gosling en mode célibataire sous la couette. J’ai regardé Blue Valentine (2010) de  Derek Cianfrance et j’ai aimé l’idée de l’amour inégal et oscillant, mais j’ai finalement trouvé le film un chouïa trop superficiel. 6/10

J’ai aussi regardé Crazy, Stupid, Love (2011) de Glenn Ficarra et John Requa. Film pour les soirées en mode cerveau débranché. 5/10

Et pour clôturer le mois, j’ai découvert Poilorama, une émission web d’Arte à propos des poils humains et de tout  ce qu’ils représentent. Très chouette émission d’actualité. Retrouvez-là en intégralité sur Youtube ou sur Arte Creative. 7/10

Et vous ? Qu’avez-vous découvert ? Envie de partager ?

 

Bilan culturel 2015

Je reviens après de longs mois d’absence. J’ai allumé une bougie pour l’Espoir et j’ai pris la meilleure résolution que je n’aie jamais prise je pense : que 2016 soit la continuité de 2015. C’est le meilleur que je puisse me souhaiter et le meilleur projet auquel je puisse travailler, finalement. Une continuité qui s’inspirera de tout ce que j’ai appris en 2015 qui a été, à titre personnel, une année riche en tout. Une continuité qui, je l’espère, ne pourra être que meilleure.

J’espère également pour la première fois de ma vie que la Paix dans le Monde et l’Écologie soient les deux préoccupations principales de nos dirigeants cette année… et la Culture et la Curiosité les deux préoccupations principales de mes co-terriens. Pour la première fois de ma vie, je pense aux autres, je pense au Monde. Ils auront au moins le mérite d’avoir déclenché ça en moi.

Trêve de beaux mots. Même si je n’en ai pas beaucoup parlé sur ce blog en 2015 j’ai rencontré énormément de belles choses. J’ai grandi grâce à la littérature, mon esprit s’est ouvert grâce au cinéma.

Je vous fais ici un récapitulatif des plus belles choses vues/entendues/lues en 2015. Ce « top » n’est évidemment qu’une liste subjective et n’a absolument rien à voir avec 2015 si ce n’est le fait que j’aie découvert tout cela durant cette année précise.

Bien à vous et à bientôt,

Je compte sur vous pour être curieux en 2016. Vous pouvez aussi regarder la dernière vidéo de la géniale Solange te Parle en cliquant ici.

LE POSITIF DE 2015

LIVRES

  • La ridícula idea de no volver a verte / Rosa Montero
  • Imparfaits, Libres et Heureux / Christophe André
  • Mémoires d’une jeune fille rangée / Simone de Beauvoir
  • East of Eden / John Steinbeck

FILMS

  • In the Mood for Love
  • Weekend
  • Inside Out
  • The Lobster
  • Midnight Express
  • Relatos Salvajes
  • The Sound of Belgium (documentaire)
  • La Fille sur le Pont

BD

  • Un Océan d’Amour / Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione
  • Comédie Sentimentale Pornographique / Jimmy Beaulieu

MUSIQUE

  • Revolver / The Beatles
  • An Awesome Wave / Alt-J

MAIS IL Y AVAIT AUSSI : I Origins (film), Lost in the Dream / The War on Drugs (album), The Knack and How to Get It (film), Les Triplettes de Belleville (film), Kill Bill: Vol. 1 (film), La Vie secrète des jeunes III (BD), The Pianist (film), E.T. the Extra-Terrestrial (film), La Machine infernale / Jean Cocteau (livre), Meisje (film), Hamlet / Shakespeare (livre), Anya’s Ghost (comics), Whiplash (film), Stella, étoile de la mer (livre), La Cri cosmique (court-métrage), Mar Adentro (film), Irréversible (film), De La Soul is Dead / De La Soul (album), La Marche de l’Empereur (documentaire), Worst Case Scenario / dEus (album), The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring (livre), Twin Peaks (série – saison 1), La Délicatesse (film), Unforgiven (film), The Silence of the Lambs (film), Oedipe Roi / Sophocle (livre), The Beatles / The Beatles (album), Flashdance (film), Se7en (film), Laïs/Laïs (album), Soyo / Dom La Nena (album), Begin Again (film),  Skyfall (film), L’Ordre du Discours (livre), Gemini / Wild Nothing (album), What Went Down / Foals (album), I Smile Back (film), Petit Tailleur (court-métrage), J’me Présente, je m’appelle Daniel (documentaire)

Pour plus de précision, fouillez là:  http://www.senscritique.com/alicedecouvre