2016/23 : Mémoires d’Hadrien

par randomearjoy

J’ai lu mon premier Marguerite Yourcenar. Son oeuvre m’a souvent été  chaudement recommandée par des gens très intelligents et sensibles et j’avais un peu peur d’être perdue à l’ouverture de ce livre (difficile à qualifier : roman ? essai ? biographie ?) qui raconte la vie de l’Empereur romain Hadrien.

Je suis nulle en histoire parce que je ne retiens pas les faits, les dates, les noms. Et je n’aime pas vraiment la littérature française pincée et trop intellectuelle. Mais ce livre, bien qu’il ne soit pas toujours facile à lire, m’a donné envie d’en lire d’autres sur cette époque, d’autres de cette auteure, d’autres sur cet Empereur.

À l’intérieur on trouve des réflexions universelles sur l’amour, la vie, la mort, le corps, les voyages, la société, et même sur le végétarisme. Je vous laisse avec quelques unes de ces méditations d’un homme sur le point de mourir dans les années 130 après Jésus-Christ si merveilleusement exprimées à travers la plume d’une femme de lettres du 20e siècle.

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« Dire que mes jours sont comptés ne signifie rien; il en fut toujours ainsi; il en est ainsi pour nous tous. »

« Et j’avoue que la raison reste confondue en présence du prodige même de l’amour, de l’étrange obsession qui fait que cette même chair dont nous nous soucions si peu quand elle compose notre propre corps, nous inquiétant seulement de la laver, de la nourrir, et, s’il se peut, de l’empêcher de souffrir, puisse nous inspirer une telle passion de caresses simplement parce qu’elle est animée par une individualité différente de la nôtre, et parce qu’elle présente certains linéaments de beauté, sur lesquels, d’ailleurs, les meilleurs juges ne s’accordent pas. Ici, la logique humaine reste en deçà, […] »

« [T]out plaisir pris avec goût me paraissait chaste. »

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« Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage: on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses: soit qu’on réussisse à transformer les hommes en machines stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on développe chez eux, à l’exclusion des loisirs et des plaisirs humains, un goût du travail aussi forcené que la passion de la guerre chez les races barbares. »

« Peu d’hommes aiment longtemps le voyage, ce bris perpétuel de toutes les habitudes, cette secousse sans cesse donnée à tous les préjugés. Mais je travaillais à n’avoir nul préjugé et peu d’habitudes. »

 

PS : Voilà, j’ai pensé à un nouveau concept que je débute aujourd’hui. Au lieu de poster un bilan (souvent éprouvant) mensuel sur ce blog, je posterai dorénavant un article par semaine sur une découverte récente ou non. Ne perdons plus de temps !

PPS: j’ai un autre site en parallèle à celui-ci, qui regroupe des créations (textes et photos) personnelles. J’y ajouterai peut-être d’autres choses par la suite (collages, musique…). Je vous invite à y jeter un coup d’œil : http://lilybrownale.wix.com/lilybrownale